Près de 18 540 offres en alternance publiées en septembre 2020

 

Dans ce contexte de crise sanitaire, on pouvait s’attendre à un coup de frein majeur sur les intentions d’embauche à la rentrée. Pourtant, selon les données analysées par SmartData, la solution de Big Data du groupe Randstad, près de 730 084 offres d’emplois ont été publiées sur le mois septembre 2020. Les intentions d’embauche reviennent à leur  niveau d’avant-crise et s’affichent en hausse de 4% par rapport au mois de février 2020, mais toujours en retrait de 14% par rapport au mois de septembre 2019.  Les commerciaux et les conducteurs poids lourds occupent le top 3 des métiers les plus recherchés, juste derrière les techniciens de maintenance. Les intentions d’embauche des infirmiers (6ème) et des auxiliaires de vie (8ème) s’affichent en hausse de respectivement 36% et 22% sur un an. Enfin, le plan de soutien à l’apprentissage dévoilé en juin par le gouvernement a produit ses effets : alors que les apprentis étaient censés prendre leur poste en septembre, les entreprises en cherchaient encore 18 540 (+61% par rapport à septembre 2019). Le volume d’annonces en alternance publiées entre janvier et septembre 2020 ne recule, finalement, que de 1% par rapport à 2019.

 

« Si l’économie peine encore à se relever de la crise, les entreprises n’ont pas totalement renoncé à embaucher et reprennent progressivement confiance depuis le mois de mai. Mais il faut se garder de tout triomphalisme. La dégradation récente de la situation sanitaire risque d’accroître la frilosité des chefs d’entreprise. Elle laisse toujours planer un risque sur le marché de l’emploi. Les mois d’octobre et de novembre permettront de confirmer ou d’infirmer cette forme de « retour à la normale», analyse Frank Ribuot, président du groupe Randstad France.

 

 

Les métiers les plus demandés sont ceux de la reprise

 

Les techniciens de maintenance, qui se sont maintenus au sommet des profils les plus convoités durant la crise, conservent logiquement leur première place. Mais les commerciaux (14 310 annonces, en hausse de 29% par rapport au mois d’août) et les conducteurs poids lourds (11 149 annonces, stable (+1%) par rapport au mois d’août), qui avaient disparu du podium pendant la crise, occupent la deuxième et la troisième place du classement, signe que les entreprises gardent le moral, se mettent en ordre de marche pour aller chercher de la croissance et que les chaînes logistiques retrouvent un rythme de croisière.

 

 

La crise sanitaire est encore loin d’être finie et cela se ressent dans les intentions d’embauche. Dans un marché orienté à la baisse sur un an, les infirmiers et les auxiliaires de vie font figure d’exceptions. Si le niveau des offres d’emploi pour ces métiers reste relativement stable par rapport au mois d’août, il est nettement plus élevé qu’en 2019. Les intentions d’embauche des infirmiers bondissent ainsi de 36% sur un an. La hausse est plus modérée pour les auxiliaires de vie, mais reste supérieure de 22% au niveau de 2019. Les développeurs informatiques confirment leur rôle capital dans la reprise, notamment en accompagnant la transformation digitale des entreprises, en se hissant à la septième place (9 887 annonces, en hausse de 30% par rapport au mois d’août).

 

En région : l’Île-de-France fait toujours exception

 

La reprise se fait aussi sentir en région. Logiquement, les métiers les plus demandés localement différent peu de la tendance nationale. La région Île-de-France est l’une des seules à réellement se distinguer. Ainsi, dans huit régions, ce sont les techniciens de maintenance qui arrivent en tête des métiers les plus demandés.

Les régions de l’Est, du Centre et de l’Ouest sont celles qui recherchent le plus de techniciens de maintenance et de chauffeurs poids lourds. Le Nord fait la part belle aux commerciaux et aux caristes dans une région marquée par les grands centres logistiques. L’Occitanie se démarque par la forte proportion de demandes de gardes d’enfants sur le territoire, tandis qu’en PACA, ce sont les profils de vendeurs qui sont le plus recherchés.

Les infirmiers (F/H) restent encore très recherchés en Nouvelle Aquitaine (1 231 annonces, en retrait de 6%) et dans la région Grand Est (1 164 annonces +47%).

Dans ce paysage, au final très homogène, seule l’Île-de-France se distingue. Les gardes d’enfant, très recherchées pendant la crise et dans les mois qui ont suivis, notamment sous l’effet de la mise en œuvre du télétravail, sont les profils les plus demandés dans la région capitale, avec 3 523 annonces en septembre 2020. Elles sont suivies des développeurs informatiques (3 223 annonces en hausse de 33%)

 

 

Alternance : des mesures qui se font sentir

 

La crise n’a pas épargné l’alternance. Le confinement est intervenu entre les mois de mars et de mai, la période où les entreprises lancent leurs campagnes de recrutement pour des contrats d’apprentissage et de professionnalisation en vue d’une prise de poste en septembre. Logiquement, les intentions d’embauche en apprentissage ont nettement reculé sur cette période. En avril, on dénombrait 20 825 annonces, en baisse de 28% et en mai, 22 649 annonces, en retrait de 34% par rapport à la même période en 2019.

 

 

Le plan de soutien à l’alternance, dont les contours ont été dévoilés le 4 juin, a enrayé la chute. Au mois de juin et de juillet, un peu plus de 30 000 annonces d’alternance étaient disponibles en ligne, un niveau stable sur un an. Mais contrairement aux autres années, les recrutements se sont poursuivis à la rentrée. En août, les intentions d’embauches d’alternants s’élevaient à 17 605, presque deux fois moins qu’en juillet, mais à un niveau supérieur de 21%  à 2019. Même constat en septembre. Alors que les apprentis étaient censés prendre leur poste, les entreprises en cherchaient encore 18 540 (+61% par rapport à septembre 2019).

Le mécanisme de soutien, très généreux pour les entreprises, a produit ses effets et a entraîné un phénomène de décalage des recrutements d’apprentis au-delà du mois septembre, période où traditionnellement, ce type de recrutement est terminé. Surtout, elle a permis de stabiliser le nombre d’intentions d’embauche en alternance. Au global, entre janvier et septembre 2020, le volume d’annonces publiées ne s’est contracté que de 1% par rapport à la même période en 2019.

 

Méthodologie

  • Ransdstad SmartData analyse plus de 1 000 qualifications et 6 000 savoir-faire sur la base des offres d’emploi publiées sur plus de 11 000 sites internet de recrutement. Ces annonces sont systématiquement dédoublonnées.
  • Randstad SmartData analyse plus de 2.5 millions d’offres d’emploi chaque mois, collectées avec l’aide de la solution Jobfeed de Textkernel et de l’open data de Pôle Emploi et de l’Insee