Quand le traité de Rome a été signé il y a 60 ans, créant l’Union européenne d’aujourd’hui, le club comptait seulement 6 membres. Une seule catégorie d’adhésion faisait sens. Aujourd’hui, avec 28 membres, le même modèle pour tous ne fonctionne plus, selon de journaliste politique de The Economist et auteur du dossier spécial sur le « Futur de l’Union Européenne », John Peet.

Le dossier regarde comment l’UE s’est développée et a évolué depuis son idée d’origine. Il explique ensuite là où l’UE a besoin de devenir plus flexible pour survivre, se concentrant sur 4 points clés : l’adhésion à l’euro, l’immigration, les politiques étrangère et de sécurité et les institutions.

John Peet détaille pourquoi l’UE est dans une situation aussi compliquée aujourd’hui. Il écrit que la montée des populistes dans les pays membres est le résultat d’une croissance économique au ralenti et d’un taux de chômage élevé, surtout dans les pays du sud de l’Europe comme la Grèce et l’Italie. Les migrants venus d’autres pays et la répartition inégale des immigrés a créé de la défiance dans certains pays envers leurs confrères membres de l’UE. Un environnement géopolitique détérioré s’est traduit en une plus grande insécurité alors que le gouvernement turc devient plus autoritaire, que la Russie est perçue comme une plus grande menace sous Vladimir Poutine et que les Etats-Unis du Président Donald Trump ne peuvent plus être considérés comme un partenaire garant de la sécurité. Enfin, les Européens eux-mêmes n’ont plus vraiment confiance en les institutions qui gouvernent l’Union européenne, comme cela a pu se voir lors du plus faible taux de participation lors des élections au Parlement européen.

John Peet explique que ces problèmes ne sont pas simples, une solution n’est pas impossible mais elle demandera sans doute de penser de façon plus créative. « Une Europe plus différenciée serait une bonne façon d’apaiser les tensions et problèmes qui affligent une Europe rigide », déclare-t-il. Il propose une Union européenne multi-tiers, à plusieurs vitesses, qui créera différentes options pour les différents pays avec des buts différents.

Le nouvel modèle européen de John Peet inclurait un noyau dur de pays membres de la zone euro qui sont plus profondément intégrés et peuvent profiter des bénéfices d’une monnaie unique ; un deuxième tiers consisterait en des membres de l’UE mais qui n’utiliseraient pas l’euro ; le troisième tiers rassemblerait les pays qui ne veulent pas joindre l’UE mais qui veulent faire partie du marché unique. Enfin, dans le quatrième tiers, seraient les pays qui n’accepteraient pas les règles de l’Union mais souhaiteraient des accords de libre-échange (comme la Grande-Bretagne post-Brexit).

Ce dossier spécial sur le futur de l’Union européenne conclut qu’un nouveau modèle demande de la flexibilité, des compromis et, par-dessus tout, d’être prêt à naviguer, dans le temps, entre ces différents types de relations avec l’UE. Si l’Union européenne n’arrive pas à s’adapter à ses différences, l’alternative ne serait alors pas que la pagaille mais bien la désintégration.

Consultez le dossier spécial ici.

Pour échanger avec le journaliste francophone John Peet, contactez l’agence Wellcom, Hélène Boulanger au 01 46 34 60 60 ou par email helene.boulanger@wellcom.fr.