Les drones ont fait de rapides progrès ces dernières années,

aidés par les progrès technologiques des smartphones

La plupart des drones utilisés aujourd’hui sont soit des jouets pas chers soit des armes dispendieuses. Cependant, des utilisations commerciales intéressantes commencent à émerger entre les deux, selon Tom Standage, le rédacteur en chef et responsable de la stratégie digitale de The Economist. Il est l’auteur du Technology Quarterly sur les drones, publié dans l’édition du 9 juin de l’hebdomadaire.

Les drones civils sont les plus répandus mais les militaires concentrent la majorité des dépenses. Toutefois, la plus forte croissance de ce marché se trouve dans cet espace entre les deux, où de nouvelles opportunités commerciales commencent à voir le jour. Le dossier étudie les évolutions technologiques, les opportunités naissantes et les nouveaux défis posés par les drones aux régulateurs.

Une concurrence sauvage sur le marché des drones civils les a rendus moins chers, plus fiables et plus efficaces ces dernières années. Ces drones ne sont pas les descendants des drones militaires car ils sont davantage inspirés par des smartphones, à qui ils ont emprunté les capteurs, les radios et les caméras. Le marché grand public est dominé par DJI, une entreprise chinoise considérée comme « l’Apple des drones » pour la qualité et la fiabilité de ses produits, défiant les stéréotypes sur les entreprises chinoises.

La prolifération de drones civils a poussé la Federal Aviation Administration américaine à établir des lois formalisant leur(s) usage(s), entrées en vigueur en 2016. Elles ont clarifié l’usage de ces drones à travers le monde car beaucoup de pays suivent les réglementations de la FAA qui font autorité. Cependant, malgré la large couverture médiatique sur de potentielles livraisons de petits paquets par voie de drones, d’autres applications, notamment celles qui les utilisent comme des appareils photo ou des capteurs volants, offrent des opportunités plus immédiates.

Goldman Sachs estime que 100 milliards de dollars seront dépensés entre 2016 et 2020 dans les drones militaires et civils. Sur le plan commercial, 4 secteurs seront les plus importants :

  • La construction (comptant pour 11,2 milliards $) : utiliser les drones pour scanner des chantiers et des carrières permet aux entreprises du bâtiment de garder une trace des progrès réalisés et de gérer les provisions de matières premières. La « capture de la réalité » offre des comparaisons directes entre l’état du site réel et les plans numériques de l’architecte.
  • L’agriculture (5,9 milliards $) : les drones équipés de caméras à spectres multiples peuvent mesurer la santé des cultures, permettent à l’eau, aux pesticides et aux fertiliseurs d’être appliqués plus précisément. Cela améliore les récoltes et réduit l’écoulement chimique.
  • L’assurance (1,4 milliards $) : les estimations et les inspections (par exemple, voir les dommages provoqués par un orage sur le toit d’un immeuble) sont plus rapides en utilisant des drones et plus sûres que les inspections humaines.
  • Les infrastructures (1,1 milliards $) : les drones sont idéals pour inspecter des éoliennes, des pipelines, des fermes solaires et des plateformes offshore. A l’avenir, cela pourra être entièrement réalisé automatiquement par des systèmes de « drones in a box » qui collecteront régulièrement des données.

Le transport de marchandises par les drones devrait cependant prendre un peu plus de temps que prévu. Les réglementations actuelles ne permettent pas aux drones de survoler des zones habitées et demandent que les opérateurs les aient toujours en vue. Ces restrictions seront uniquement levées lorsque les questions de sécurité auront été résolues et que des systèmes auront été développés pour s’assurer que les drones ne sont pas une menace pour la population, que ce soit dans les airs ou sur terre. La réglementation et la technologie doivent évoluer ensemble. De nouveaux systèmes de contrôle aérien capables de gérer automatiquement un grand nombre de drones seront également nécessaires si la livraison par drone – sans parler des drones taxis qui véhiculeront des gens – devient une réalité. Les drones commerciaux commencent juste à décoller mais ne leur demandez pas encore de livrer votre pizza.

Pour échanger avec Tom Standage, contactez l’agence Wellcom, Emeline Poulolo au 01 46 34 60 60 ou par email emeline.poulolo@wellcom.fr.