Baromètre 2019 de la Maturité digitale du logement social

 

Banque, assurance, tourisme, distribution… si de nombreux secteurs d’activité ont entamé un virage réussi vers la dématérialisation de leurs pratiques, la réalité est tout autre pour les bailleurs sociaux et leurs locataires. Nécessité pour les locataires de se déplacer en agence pour apporter des justificatifs papiers, manque de transparence, boites mails des collaborateurs saturées, données patrimoniales erronées voire absentes, … les organisations peinent à se mettre en mouvement et elles sont d’ailleurs 60% à être peu mâtures sur la digitalisation de leur métier. C’est ce que révèle le Baromètre 2019 de la maturité digitale du Logement Social mené par le cabinet Wavestone, auprès d’un échantillon de 53 organismes représentatifs des 569 organismes du secteur du logement. Après avoir effectué un état-des-lieux de leur niveau de maturité digitale, les équipes du cabinet se sont s’est attachées à fournir des outils et des bonnes pratiques pour engager une transformation efficiente et positive de leur métier. En voici les grandes conclusions.

 

Le logement social peine à opérer sa mue digitale

Les ruptures technologiques s’accélèrent, imposant aux organisations une adaptation perpétuelle. Pourtant, dans le secteur du logement social, l’étude fait état d’une adaptation trop lente de la culture d’entreprise et d’un réel déficit de compétences pour mener les projets de transformation digitale. Pour preuve, 34% des bailleurs estiment que leurs collaborateurs ne maitrisent pas les outils digitaux. Malgré cela, 20% d’entre eux n’envisagent ni recrutement ni formation de leurs collaborateurs.

Au global, près de 60% des bailleurs sociaux ont une maturité digitale faible voire très faible et 12% seulement se démarquent par une maturité digitale élevée.

Ce constat reflète une hétérogénéité des pratiques selon les bailleurs sociaux : les pionniers ont su valoriser l’utilisation des nouvelles technologies et ont fait évoluer leurs organisations et leurs pratiques. Les timides ont investi sur des technologies mais n’ont pas perçu la valeur ajoutée espérée et/ou n’ont pas réussi à avoir l’adhésion de leurs équipes. Les conservateurs, quant à eux, ne voient pas en la révolution digitale un potentiel levier de performance opérationnelle et restent ancrés dans des fonctionnements obsolètes.

« Comme dans tous les domaines d’activité, l’innovation est une évolution continue, structurante et incrémentale qui peut, sur des laps de temps beaucoup plus courts qu’auparavant, remettre en cause le fondement d’un modèle économique. »  souligne Philippe Mirmand, Partner chez Wavestone.

 

Des opportunités technologiques à saisir et à maitriser

Si 80% des bailleurs sociaux estiment que l’utilisation d’outils digitaux a permis de renforcer leur relation avec leurs locataires, moins de 30% d’entre eux ont réellement investis en 2018 dans les objets connectés, l’intelligence artificielle ou encore le Building information modeling (BIM).

« Ce sont autant de leviers que le secteur doit considérer aujourd’hui avec attention pour rester dynamique ! » complète Etienne Vendeville, Expert digital Logement social chez Wavestone.

Toutefois, les opportunités technologiques peuvent aussi se transformer en risques pour les acteurs du logement social. En effet, pas moins de 80% des bailleurs sociaux ont été victimes d’au-moins une cyberattaque d’importance au cours des deux dernières années et révèle un écosystème vulnérable qui reste à sécuriser

Pour autant, 55% d’entre eux ne réalisent toujours pas d’audit de sécurité. Un constat qui démontre bien qu’en dépit d’une prise de conscience des risques encourus, peu d’actions sont encore mises en œuvre pour limiter la vulnérabilité des organismes. Dangereux quand on sait que le logement social ne représente pas moins de 20 milliards d’euros de loyers annuels ! Heureusement, 60% d’entre eux ont néanmoins entrepris des actions de sensibilisation à la cybersécurité auprès de leurs collaborateurs.

 

Méthodologie

Données Wavestone issues de l’enquête en ligne menée entre le 03 décembre 2018 et le 1er février 2019 auprès d’un échantillon de 53 organismes représentatifs de la population des 569 organismes du secteur du logement social, 38 questions, 4 thèmes d’analyse et 15 critères de notation pondérés pour une évaluation de la maturité digitale notée sur 20.