Ce jeudi 30 janvier, le président de la République en personne, accompagné de Bruno Lemaire, ministre de l’Economie, et des représentants du gouvernement fédéral allemand, poseront la première pierre de l’usine pilote franco-allemande de batteries pour voitures électriques basée à Nersac, en Charente.

Ce projet de construction d’une filière européenne pour les batteries électriques a en effet été approuvé par la Commission Européenne début décembre, qui a donné son accord à l’octroi d’une aide financière s’élevant à 3,2 milliards d’euros par 7 État membres. Sont notamment associées à ce premier projet les entreprises françaises PSA, Saft et côté allemand BMW, Siemens et Manz. Une décision qui témoigne de la volonté européenne de s’implanter durablement sur le marché des batteries électriques.

En effet, les ambitions de croissance du parc électrique annoncées par de nombreux Etats européens, dont la France, ont mis en exergue la problématique de l’origine des batteries aujourd’hui utilisées.      Les batteries, qui constituent le cœur de ces technologies, sont ainsi fabriquées à 99% hors d’Europe, avec une production mondiale concentrée en Asie et verrouillée par des groupes chinois, japonais et sud-coréens.

C’est pour remédier à cette suprématie et se positionner sur ce marché, qui pourrait atteindre 45 milliards d’euros en 2027, que la France et l’Allemagne ont appelé de leurs vœux la création de ce consortium dès 2019. Les deux pays veulent ainsi lancer une filière industrielle européenne des batteries de 4ème génération qui devra assurer l’extraction des matières premières, la production des cellules, leur intégration aux voitures électriques et leur recyclage afin de rattraper leur retard sur l’Asie.

C’est désormais chose faite et c’est donc la France qui accueillera l’usine pilote dédiée à la fabrication de ces batteries, avant le développement d’usines dans les deux pays en 2022 et 2024. 5 autres Etats ont également manifesté leur souhait d’intégrer le consortium et ont été autorisés par la Commission à engager des fonds publics pour l’implantation de sites de production sur leurs territoires. Sont notamment concernés l’Italie, la Belgique, la Finlande… Plusieurs projets transnationaux pourraient ainsi émerger ces prochaines années.

  • Peut-on réellement parler d’un Airbus européen qui pourrait amener à la création d’une entité unique ? Ou est-ce principalement un projet franco-allemand ?
  • S’agit-il d’un combat d’arrière-garde ou réaliste pour la souveraineté européenne sur cette technologie ? Peut-on réellement concurrencer les géants asiatiques ? Quels sont les facteurs de réussite d’un tel projet ?
  • Quels sont les autres consortiums aujourd’hui envisagés ?
  • Quelle valeur représente les batteries pour les véhicules électriques ? Quel type de batterie est aujourd’hui utilisé ? Quelle durée d’autonomie moyenne ?
  • Quelles mesures sont mises en place pour favoriser l’essor du véhicule électrique ? Ou en sont les constructeurs automobiles européens ?
  • Quel positionnement des énergéticiens sur les batteries ? A quelle filière va réellement bénéficier le projet ?

 


Notre expert, Clément Le Roy, se tient à votre disposition

pour vous apporter un éclairage/analyse sur ce sujet


Clément LE ROY, Senior Manager, est diplômé de l’Ecole Centrale de Nantes et a complété sa formation avec un Mastère en Stratégie à l’ESSEC. Il est membre du comité de direction de la practice Energie et Utilities de Wavestone, l’une des plus importantes équipes du cabinet avec plus de 150 consultants.

Fort d’une double compétence technologique et sectorielle dans l’énergie et l’environnement, il intervient depuis 2005 auprès des grands énergéticiens dans leurs transformations vers un système énergétique plus durable, plus local et plus digital. Il accompagne également des collectivités locales dans leur approche de l’Energie (Lyon, PACA, Bretagne, …) ainsi que les institutions (Commission de Régulation de l’Energie, ADEME, …).