Mercredi 31 mars 2021, des acteurs du monde de l’énergie se sont réunis à l’initiative de l’AIE (Agence Internationale de l’Energie) et du gouvernement britannique pour le « Sommet Net Zéro », qui s’est tenu à distance du fait des contraintes sanitaires. Alors que le secteur de l’énergie est la source des trois quarts des émissions de gaz à effet de serre, les échanges, qui ont réuni des responsables politiques, mais également des représentants d’entreprises, d’ONG ou d’institutions internationales, avaient pour objectif de « transformer en réalité les ambitions de neutralité carbone ». Cette rencontre a eu lieu en amont de la très attendue COP26 qui doit se tenir en novembre, alors que la reprise économique post COVID met en péril la baisse des émissions de CO2 enregistrée en 2020. Que faut-il retenir des échanges du Sommet Net Zéro ?

Tout d’abord, une alerte : alors que de nombreux Etats se sont engagés dans le cadre de l’Accord de Paris à atteindre la neutralité carbone à horizon 2050 afin de maintenir la hausse des températures en-deçà du seuil fatidique des 2°C, l’ONU (Organisation des Nations Unies) souligne que seuls 20% des plans de relance mis en place du fait de la COVID tiennent compte de l’urgence environnementale. Le charbon et le pétrole demeurent par ailleurs des sources d’énergie majoritaires et les investissements dans de nouvelles capacités de production d’énergies fossiles se poursuivent.

Ensuite, un rappel : l’atteinte des objectifs fixés en 2015 lors de la COP21 implique une coordination internationale et la mise en œuvre de mesures fortes dans les 10 années qui viennent. Elles seules permettraient d’échapper à l’« avenir apocalyptique » pointé par le Président de la COP26. Parmi actions à mettre en place de toute urgence, l’AIE liste les mesures de relance 100% vertes et des mécanismes renforcés de coopération internationale. Ont également été pointés au cours des discussions la nécessité de diminuer l’usage du charbon et de développer les véhicules zéro émission.

Enfin, un défi : alors que certaines ONG ont émis des doutes sur les suites concrètes de ces échanges, taxées par certains de « greenwashing », et sur le concept même de neutralité carbone, qui favoriserait la poursuite des émissions en les compensant par le développement de puits de carbone, les acteurs du monde de l’énergie doivent aujourd’hui démontrer leur capacité à passer efficacement à l’action. L’enjeu est de taille, alors que la société civile reste fortement mobilisée autour de l’enjeu climatique, comme l’a encore démontré en France la marche du 28 mars contre une « Loi climat et résilience » jugée trop peu ambitieuse.

 

  • Quelles sont les actions mises en place au niveau national et international pour limiter le réchauffement climatique à 2°C ?
  • Plus de 5 ans après l’Accord de Paris, quelles avancées peuvent encore être faites ?
  • Comment les plans de relance post COVID français et européen participent-ils à la réduction émissions de gaz à effet de serre ?
  • Comment les acteurs du monde de l’énergie se mobilisent-ils aujourd’hui en faveur de la neutralité carbone ?

 

Notre expert, Clément Le Roy, se tient à votre disposition

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Clément LE ROY, Senior Manager, est diplômé de l’Ecole Centrale de Nantes et a complété sa formation avec un Mastère en Stratégie à l’ESSEC. Il est membre du comité de direction de la practice Energie et Utilities de Wavestone, l’une des plus importantes équipes du cabinet avec plus de 150 consultants.

Fort d’une double compétence technologique et sectorielle dans l’énergie et l’environnement, il intervient depuis 2005 auprès des grands énergéticiens dans leurs transformations vers un système énergétique plus durable, plus local et plus digital. Il accompagne également des collectivités locales dans leur approche de l’Energie (Lyon, PACA, Bretagne, …) ainsi que les institutions (Commission de Régulation de l’Energie, ADEME, …).